Bascarsija a été tracée à l'époque ottomane comme le quartier marchand d'une ville neuve, et sa logique se lit encore : des rues organisées par corps de métier, des ateliers bas ouverts de plain-pied sur la chaussée, des halles couvertes, des cours attenantes aux mosquées, des auberges bâties autour d'une cour pour les marchands et leurs bêtes. Le plus tenace de ses métiers est le travail du cuivre. Dans la ruelle des chaudronniers, on bat, cisèle et étame encore les feuilles de métal à la main, et le martèlement porte dans tout le quartier dès le matin. Autour du Sebilj, la fontaine de bois devenue l'emblème de Sarajevo, les cafés servent le café à la manière locale, avec le pot, la tasse et le morceau de sucre qui font le rituel. À quelques pas, le grand ensemble de mosquée du XVIe siècle, avec sa medersa, sa bibliothèque et son bezistan couvert, montre comment la fondation pieuse a financé la ville marchande. Relevé après les destructions des années 1990, le quartier reste un lieu de travail et non une reconstitution pour visiteurs. Tourné en 4K, au plus près des mains et des matières, le programme convient aux cases culture, artisanat et villes des Balkans.