Tchoufout-Kale occupe un plateau calcaire qui tombe en falaises de presque tous les côtés : un refuge évident, une place forte évidente. Au long de son histoire, le site fut un habitat fortifié à la fois creusé et bâti — chambres, réserves, écuries et citernes taillées à même la roche, reliées à des maisons de pierre, à des murailles et à des portes qui fermaient les seuls accès praticables. Le lieu est étroitement associé à la communauté karaïte, qui y vécut et y laissa ses maisons de prière et son cimetière, et il se tient à portée de vue de Bakhtchissaraï, siège ultérieur des khans de Crimée. Le plateau est aujourd'hui vide d'habitants, et ce vide fait le sujet du film : le vent, la pierre, les seuils usés et les ornières, la vue sur les vallées, et la lecture archéologique d'une vie organisée en hauteur, dans les grottes, derrière des murs.