Édifiée pour une famille enrichie par le commerce du tabac, la villa Stamboli appartient au moment où la côte de Crimée devient une villégiature à la mode et où des commanditaires privés font construire des maisons faites pour être regardées autant qu'habitées. Son architecture est franchement théâtrale : composition orientalisante de coupoles, d'arcs outrepassés et de loggias à arcades, murs enduits clairs, terrasses ouvertes vers la mer. Les intérieurs prolongent le thème — détails sculptés, verres colorés, salons de réception pensés pour recevoir. Comme beaucoup de demeures semblables, elle a changé de mains et d'usages après l'effondrement du monde qui l'avait produite, et cette seconde vie fait partie du récit. L'épisode filme la villa comme le document architectural d'une société très précise, une élite marchande adoptant un style exotique pour annoncer son arrivée, et comme un morceau de paysage littoral dans la lumière changeante de la mer Noire.