Mamshit est l'une des villes du désert du Néguev inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de la route de l'encens, ce réseau d'établissements qui acheminait les aromates de l'Arabie du Sud vers les ports méditerranéens. C'est aussi la plus compacte et la mieux conservée : des murs élevés sur une hauteur considérable, des maisons entières dont les arcs et les escaliers tiennent encore, un plan de rues que l'on parcourt comme une ville plutôt qu'on ne déchiffre comme une ruine. Ses bâtisseurs nabatéens avaient résolu le problème essentiel du désert — l'eau — et le film accorde toute son attention aux barrages et aux canaux qui retenaient le ruissellement d'hiver dans l'oued en contrebas, technique sans laquelle la vie urbaine était impossible dans un paysage qui ne connaît que quelques épisodes pluvieux par an. À l'époque byzantine, la ville se dota d'églises dont les sols de mosaïque subsistent, marquant le passage du commerce caravanier à une société provinciale christianisée. Tourné dans la lumière rasante du Néguev, avec des vues aériennes qui détachent le plan de la ville sur des collines nues, Mamshit offre une démonstration claire, structurée et spectaculaire du fonctionnement d'une cité du désert.