L'architecture romaine de la région ne survit le plus souvent qu'à l'état de fondations et de pierres effondrées. Le mausolée de Mazor fait exception : monument funéraire compact de l'époque impériale, il tient encore sur toute sa hauteur, avec sa façade, ses colonnes et sa couverture. Implanté sur une éminence de la plaine côtière, il fut élevé comme tombeau pour une famille aisée, dans un vocabulaire architectural classique qui aurait été familier partout en Méditerranée romaine. Sa conservation doit beaucoup à ce qui suivit : l'édifice fut aménagé pour la prière musulmane, changement d'usage qui le maintint couvert, entretenu et debout, quand des constructions comparables servaient de carrière. Cette stratification des fonctions, lisible dans la maçonnerie même, est au cœur du film : un monument successivement lu comme tombeau, comme lieu de prière et comme site archéologique, aujourd'hui antiquité protégée dans un paysage de champs et de villes en expansion. En plans rapprochés, l'appareil et les proportions récompensent le regard ; vu d'en haut, l'isolement du mausolée dans la plaine lui confère une monumentalité inattendue.