Tibériade occupe sa bande de rivage depuis deux mille ans, ville prise en étau entre l'eau et les collines abruptes qui la dominent, bâtie presque entièrement dans le basalte noir de la région. La forteresse qui commande le vieux front de mer appartient à cet univers minéral : murs sombres et massifs, tours et espaces voûtés, élevés à l'époque croisée quand le contrôle de la Galilée et de son lac était stratégiquement décisif, puis endommagés, rebâtis et adaptés par les pouvoirs suivants — de la manière la plus visible à l'époque ottomane, lorsque les défenses de la ville furent restaurées et ses murailles étendues. Il en résulte un monument compact où plusieurs âges d'architecture militaire se superposent sur une faible emprise, à quelques pas du rivage. Les structures conservées ont été en partie affectées à des usages culturels, si bien que la forteresse fonctionne aujourd'hui comme un espace public autant que comme un site historique. Tourné en 4K, avec des vues aériennes reliant les murailles au lac et aux hauteurs, le film lit Tibériade à travers sa pierre : une ville dont la couleur, la ténacité et la longue histoire de destructions et de reconstructions sont écrites dans le basalte.