Stari Bar est une ville en ruines, et c'est précisément ce qui la rend éloquente. Bâtie à l'intérieur des terres, sur un replat rocheux dominé par le mont Rumija — à l'abri des pirates mais maîtresse de la plaine côtière —, elle passa tour à tour sous autorité byzantine, serbe, vénitienne et ottomane, chacune y laissant ses édifices. La guerre et une explosion catastrophique l'ont vidée ; la population s'est réinstallée au bord de la mer. Il reste un labyrinthe de murs sans toit, de caves voûtées, d'absides, une mosquée et son minaret, une tour de l'horloge, et un aqueduc qui enjambe l'accès sur de hautes arches. Le film arpente le site en archéologue, lisant maçonneries et encadrements pour établir qui a bâti quoi, avant de gagner la citadelle et ses vues sur les oliveraies descendant vers l'Adriatique. En contrebas, la ville vivante et ses oliviers réputés très anciens donnent le contrepoint. 4K, drone compris.