Le culte de sainte Anne, mère de la Vierge Marie, s'est largement diffusé en Pologne et y a laissé des églises installées au cœur de leurs communautés. Ce sanctuaire appartient à cette tradition. Sa façade ordonnée ouvre sur une nef voûtée dont le mobilier, autels, stalles, sculptures et décors peints, s'est constitué par strates successives plutôt qu'en une seule campagne : l'intérieur se lit ainsi comme un relevé des goûts et des commanditaires qui se sont succédé. Autour, les rues se sont transformées et reconstruites tandis que l'édifice tenait sa place, à la fois paroisse, sanctuaire et point de rassemblement. Le film l'observe sans effets : la lumière sur les voûtes, les bois du chœur, le détail du retable, le passage de ceux qui viennent prier. Ce qu'il documente, c'est la permanence d'un lieu de culte comme point d'ancrage de la vie urbaine polonaise, et le savoir-faire entretenu de génération en génération pour le maintenir debout et vivant.