Avant 1939, Varsovie abritait l'une des plus importantes populations juives du monde, avec des centaines de maisons de prière et de synagogues réparties dans ses quartiers. Des grands édifices, un seul subsiste : la synagogue fondée par Zalman et Rywka Nozyk, achevée au tournant du XXe siècle dans un éclectisme robuste empruntant au roman et au byzantin. Sous l'occupation, elle fut fermée et détournée de son usage par les autorités allemandes, ce qui explique en grande partie qu'elle ait échappé à la démolition quand tout autour disparaissait. Restaurée durant plusieurs années dans la seconde moitié du XXe siècle, elle a retrouvé sa fonction et constitue aujourd'hui la principale synagogue active de la capitale, avec sa bimah, son arche sainte et ses galeries rétablies. Le film la saisit comme monument et comme maison de prière en activité, et à travers elle la continuité d'une communauté dont l'histoire varsovienne fut presque entièrement rompue, puis lentement reprise.