Saint-André compte parmi les très rares édifices romans encore lisibles à Cracovie. Élevée à la fin du XIe siècle sur l'actuelle rue Grodzka, elle fut conçue autant pour abriter que pour célébrer : murs épais de calcaire, ouvertures étroites percées haut au-dessus du sol, deux tours octogonales qui lui donnent l'allure d'une petite forteresse. La tradition veut que les habitants s'y soient réfugiés lors des incursions mongoles qui ravagèrent la région au XIIIe siècle, et la survie du bâtiment dans une ville plusieurs fois incendiée rend le récit crédible. L'intérieur raconte tout autre chose : à l'époque baroque, la coque romane fut habillée de stucs, de dorures et de voûtes peintes, selon un programme lié au couvent des clarisses installées depuis des siècles dans les bâtiments attenants. C'est cette collision d'époques, austérité défensive au-dehors, ornement au-dedans, que le film met en scène. L'église appartient au centre historique inscrit au patrimoine mondial.