L'église paroissiale de Folkestone occupe un promontoire au-dessus de la Manche, assez près du bord pour que la mer s'entende depuis le cimetière. Sa dédicace en dit toute l'importance. Eanswythe était une princesse de la maison royale du Kent, à la première génération chrétienne de l'Angleterre anglo-saxonne ; on la tient pour la fondatrice de l'une des toutes premières communautés religieuses féminines du pays, établie sur cette côte exposée. Son culte a survécu à la disparition de cette communauté, et des reliques vénérées comme les siennes sont conservées dans l'église — continuité rare pour une paroisse anglaise. L'édifice, lui, est médiéval, avec les reprises successives, les monuments funéraires et la restauration victorienne propres à une église littorale qui a essuyé tempêtes, alertes d'invasion et changements de fidèles. Le film aborde le lieu à trois niveaux : comme fondation anglo-saxonne, comme paroisse vivante, et comme point de vue sur un littoral qui fut, deux mille ans durant, la porte d'entrée de l'Angleterre.