Francisco Piria, promoteur, éditeur et spéculateur d'ascendance italienne, acheta une portion de la côte uruguayenne et entreprit d'y inventer une station : il traça une ville, éleva un grand hôtel et fit venir les visiteurs de Montevideo et de Buenos Aires. Sa propre demeure s'élève en retrait du front de mer qu'il avait créé, cernée de jardins au pied des collines : une villa italianisante d'une réelle ambition, avec tours, terrasses et allée d'apparat qui affichent les prétentions d'un homme parti de rien. La maison est inséparable de la réputation de Piria, lecteur d'alchimie et de traditions ésotériques ; on montre aux visiteurs comment symboles et dispositions volontaires ont été déchiffrés dans le plan de la demeure et de son parc. Le bâtiment fonctionne aujourd'hui comme musée, meublé et commenté, tandis que la ville en contrebas porte son nom et son tracé. Le film relie biographie, architecture et invention du tourisme sur la côte du Río de la Plata : il trouve sa place aussi bien dans les cases patrimoine que dans les portraits de figures historiques hors normes.