La basilique du Voeu national domine le centre historique de Quito avec tout l'appareil de l'architecture néogothique : deux tours en façade, longue nef, pinacles, arcs-boutants, verrières. Son invention la plus singulière est locale. Là où une cathédrale européenne porterait des gargouilles monstrueuses, celle-ci leur substitue la faune de l'Équateur : iguanes, tortues, condors, singes et tatous saillent de la pierre, bestiaire national traduit en formes médiévales. L'intérieur est vaste et vertical, et l'ascension des tours ouvre la vue sur les toits de tuile de la vieille ville et sur les volcans qui la cernent. L'épisode se sert de la basilique pour raconter davantage : comment une jeune république a choisi une langue architecturale européenne pour exprimer un voeu religieux national, et comment elle se l'est appropriée jusque dans le détail de la sculpture.