L'église que Tbilissi surnomme le monastère bleu doit son nom aux tuiles vernissées colorées qui recouvrent sa coupole, éclat inattendu au-dessus des toits du centre. Son noyau est médiéval, et les époques successives ont ajouté, réparé, transformé l'ensemble : le bâtiment se lit comme une histoire condensée de la ville plutôt que comme l'œuvre d'un seul moment. Comme beaucoup d'églises géorgiennes, il a traversé un XXe siècle où les édifices religieux furent fermés, détournés de leur usage ou laissés à l'abandon avant de revenir au culte, et cette interruption reste lisible dans la pierre. Le film travaille de près : la géométrie du tambour et de la coupole, les sculptures conservées, l'intérieur où la flamme des cierges et les icônes définissent l'espace, la petite communauté qui y maintient les offices. Autour, Tbilissi presse de sa circulation et de ses immeubles : le contraste entre l'enclos et la rue fait partie du sujet.