La Cité de David occupe un étroit éperon rocheux descendant vers le sud depuis le mont du Temple, hors des murailles de la Vieille Ville actuelle. C'est là, près de la source du Gihon, que Jérusalem s'est constituée, et là que les archéologues concentrent leurs travaux depuis plusieurs générations, faisant de ce quartier l'un des espaces urbains les plus fouillés de la région. On y traverse des vestiges de fortifications, de puissantes structures étagées et un système hydraulique souterrain remarquable : puits, galeries taillées dans la roche et surtout le tunnel qui conduit l'eau de la source à travers la colline, jusqu'au bassin de Siloé — un passage que l'on parcourt encore de bout en bout, les jambes dans l'eau. Le film exploite pleinement ce qui rend le site cinématographique : le basculement de la lumière du jour aux couloirs de pierre humide, le bruit de l'eau vive sous un quartier densément habité, la stratigraphie verticale d'un lieu occupé sans interruption. Il montre aussi l'archéologie comme une discipline vivante : tranchées ouvertes, tamisage humide des déblais, et cette négociation permanente entre un chantier scientifique, un lieu de mémoire et la ville qui l'entoure.