Ein Kshatot — le site également connu sous le nom d'Umm el-Kanatir, « la mère des arches » — occupe une terrasse verdoyante sur les pentes occidentales du Golan, là où une source puissante jaillit près d'arches de basalte taillé. Autour de l'eau s'étendent les vestiges d'un village juif antique dont l'économie dépendait de la source, et en son centre les ruines d'une synagogue bâtie dans la pierre volcanique sombre de la région. Ce qui distingue le site, c'est la campagne de restauration qui y a été menée : plutôt que de reconstruire avec des matériaux neufs, l'équipe a relevé, inventorié et modélisé numériquement les blocs effondrés, avant de les remettre en place à la grue, reconstituant l'édifice à partir de ses propres fragments. Le résultat est rare en archéologie : une ruine rendue à son volume, sans invention. Le film suit les deux dimensions du lieu — le paysage, ses sources, ses bassins et ses pâturages ouverts sur le lac de Tibériade, et le récit technique d'une reconstruction qui parle autant aux amateurs d'ingénierie du patrimoine qu'aux passionnés de judaïsme antique.