À mi-chemin entre Jérusalem et Jéricho, sur la route qui dévale le désert de Judée, un ancien relais marque le lieu que la tradition identifie à l'auberge de la parabole du Bon Samaritain, l'un des récits les plus universellement connus de la culture occidentale. Le site a été transformé en musée consacré à la mosaïque, et c'est sa collection qui en fait le prix : des sols déposés dans des églises, des synagogues et des sanctuaires samaritains y ont été rassemblés et présentés côte à côte, à l'intérieur comme sur les terrains alentour. La confrontation est le propos même. Réunis, ces pavements révèlent une langue visuelle commune à des communautés religieusement distinctes : même grammaire géométrique, même répertoire d'artisans — rinceaux de vigne, animaux, corbeilles, entrelacs — adapté à des liturgies différentes. Autour du musée subsistent des vestiges de constructions antérieures et le paysage aride de la descente vers la mer Morte. Tourné en 4K, la mosaïque est un sujet idéal : la lumière rasante révèle la pose de chaque tesselle, tandis que les vues zénithales restituent la composition de sols conçus pour être lus d'en haut.