Ce film est le portrait d'un lieu de prière plus que celui d'un monument. La caméra aborde la mosquée comme le font les fidèles : depuis la rue, par la cour, devant les chaussures laissées au seuil, jusqu'à une salle dont les proportions et l'orientation sont entièrement dictées par le culte. L'objectif s'attarde sur ce qui définit l'espace — la niche indiquant la direction de la prière, la chaire, les tapis qui alignent les rangs, le décor calligraphique et géométrique qui remplace l'image figurée, la qualité du jour filtré par les fenêtres. Autour, la vie ordinaire d'un quartier kirghize donne le contrepoint : arrivées avant l'office, conversations après, la mosquée comme point d'ancrage social autant que religieux. L'Asie centrale connaît depuis quelques décennies un retour visible de la pratique ; ce film en enregistre une expression modeste. Tourné en 4K, son direct.