Un marché est l'endroit où une société montre son jeu, et le bazar d'Och compte parmi les plus animés de la capitale kirghize. Le film y entre à l'ouverture, quand on décharge les cageots et que les vendeurs rebâtissent chaque matin leurs pyramides géométriques, et y demeure jusqu'aux dernières transactions de l'après-midi. Allée après allée, il cartographie l'ordre interne du bazar : fruits et légumes, montagnes d'abricots secs et de raisins, sacs d'épices et de céréales, bouchers et crémiers, puis les rayons secs — coupons de tissu, feutre, broderies, coiffes, outils, articles ménagers. À côté de la marchandise, le film fait place aux visages : commerçants installés au même emplacement depuis des décennies, portefaix qui déplacent les charges à bras, clients pour qui négocier va de soi. Le passé caravanier n'est pas convoqué comme folklore, mais reconnu dans une culture marchande vivante. 4K, son direct.