Adossé au nord de la vieille ville de Lahore, le fort est reconstruit en brique par l'empereur Akbar dans la seconde moitié du XVIe siècle, puis agrandi par Jahangir, Shah Jahan et Aurangzeb, chacun y laissant sa signature architecturale. Il ne s'agit pas d'un édifice mais d'une scène impériale en strates : salles d'audience ouvertes sur des cours régulières, Sheesh Mahal tapissé d'innombrables éclats de miroir, pavillon Naulakha en marbre blanc, porte monumentale d'Alamgiri faisant face à la mosquée Badshahi. Le long du rempart occidental se déploie le Mur des images, immense surface ornée de céramique émaillée et de figures incrustées. Occupée ensuite par la cour sikhe puis par les Britanniques, la citadelle porte la marque de tous les pouvoirs qui ont gouverné le Pendjab. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO avec les jardins de Shalimar, elle offre un récit architectural rare, où l'histoire politique s'écrit directement dans la pierre, la faïence et le marbre.