Lorsque Pierre le Grand bâtit sa capitale neuve sur la Neva, il fonda un monastère à l'extrémité de ce qui allait devenir la perspective Nevski et le dédia à Alexandre Nevski, le prince médiéval crédité d'avoir défendu le nord-ouest de la Russie contre l'invasion. Les reliques du saint y furent transférées en 1724, geste qui dota la jeune ville d'un socle spirituel à la mesure de son socle politique. Élevé plus tard au rang de laure, le degré le plus haut du monachisme orthodoxe russe, l'ensemble s'est développé en une succession de cours, d'églises et de bâtiments conventuels que domine la cathédrale de la Trinité, néoclassique, due à l'architecte Ivan Starov. Ses cimetières sont tout aussi célèbres : la nécropole de Tikhvine abrite les tombes de Dostoïevski, Tchaïkovski, Glinka, Rimski-Korsakov et Borodine, ce qui en fait un haut lieu de la mémoire culturelle russe. Le film y lit le point de rencontre de la dévotion orthodoxe, de la raison d'État impériale et d'un panthéon artistique.