La plupart des temples thaïs se signalent par l'or. Le Wat Ratchathammaram, sur la côte sud-est de Koh Samui, fait l'inverse : ses salles sont bâties dans une pierre d'un rouge profond, et c'est par cette couleur que l'île le désigne. Tout l'intérêt du lieu tient à ses surfaces. Murs extérieurs, frontons, colonnes : presque tout est travaillé en relief, et la sculpture court sans interruption autour de l'édifice, peuplée de figures de la tradition bouddhique et du bestiaire céleste — gardiens, serpents nagas, divinités — propre à l'iconographie thaïe. Depuis la route, l'ensemble paraît monolithique ; de près, il se décompose en milliers de gestes d'artisans. L'enceinte se tient en vue de la mer, et le film s'appuie sur la course du soleil sur les reliefs pour restituer un détail que la lumière de midi écrase. Au-delà de l'architecture, le programme capte la vie ordinaire d'un temple en activité sur une île très fréquentée : encens allumés, froissement des offrandes, contraste entre le silence de l'enceinte et l'agitation du littoral.