La tradition chrétienne situe à Éphèse les dernières années et la sépulture de Jean l'Évangéliste. C'est au-dessus de ce tombeau vénéré, sur la colline d'Ayasuluk qui domine l'actuelle Selçuk, que l'empereur Justinien fit bâtir l'une des plus vastes églises du premier monde byzantin. Élevée sur plan cruciforme et couronnée d'une série de coupoles, elle fut conçue à l'échelle d'une église impériale de pèlerinage, et sa ruine reste parfaitement lisible : l'atrium, la longue nef bordée de colonnes relevées, les dallages de marbre, le baptistère et, à la croisée, la chambre funéraire surélevée qui justifiait tout le reste. Depuis la terrasse, le regard embrasse la plaine où s'élevait le temple d'Artémis, la mosquée Isa Bey au pied des remparts et, plus loin, les ruines d'Éphèse : quatre âges religieux tiennent dans un même cadre. Vues aériennes et prises de vue au sol restituent les proportions de l'édifice et racontent comment une sépulture devint, pour des siècles, l'une des grandes destinations de pèlerinage de la Méditerranée orientale.