Les villes de l'Amérique espagnole se sont tracées autour d'une place, l'église sur un côté et le pouvoir civil sur les autres ; Maracay affiche encore nettement ce schéma. La cathédrale fait face à la plaza principale, dans les vallées d'Aragua, région du nord du Venezuela dont la richesse agricole fit longtemps l'une des plus prospères du pays et dont la capitale reçut plus tard d'ambitieux équipements publics. L'édifice suit le modèle hérité de la période coloniale : une façade blanche sobre, un corps central à fronton, des clochers latéraux, et à l'intérieur des bas-côtés, des autels secondaires et des images portées en procession aux jours de fête. Le film enregistre la fabrique et le décor, puis prend du recul pour observer comment la cathédrale fonctionne dans la vie quotidienne de la place : circulation, marchands, ombre des arbres, flux des fidèles aux heures de messe. Il en résulte le portrait d'une capitale provinciale vénézuélienne vue à travers son édifice religieux central, taillé pour les cases patrimoine latino-américain et sites sacrés.