Phat Diem montre ce qui advient quand une foi épouse l'architecture du pays qui l'accueille. Élevé à la fin du XIXe siècle dans la province littorale de Ninh Binh sous la direction d'un prêtre vietnamien, l'ensemble cathédral tourne le dos au néogothique que les missions européennes exportèrent à peu près partout ailleurs. Il emprunte au contraire le langage de la maison communale et du temple vietnamiens : toitures basses aux arêtes de tuiles relevées, enfilade de cours et de portiques, large bassin d'eau devant l'ensemble, et un clocher de pierre trapu, le Phuong Dinh, que l'on prend d'abord pour un pavillon de temple. À l'intérieur, d'énormes colonnes en bois de fer portent la charpente au-dessus d'une nef bordée de laques rouge et or, et le sanctuaire relève davantage de la menuiserie rituelle vietnamienne que du mobilier liturgique européen. Des chapelles de pierre entourent l'église principale. Tourné en 4K, le film en fait un cas d'école de la rencontre entre pratique catholique et tradition constructive vietnamienne — sujet évident pour les cases architecture sacrée et histoire religieuse.