Le paysage dévotionnel vietnamien est dense et peu commenté : à côté des monuments célèbres se tiennent d'innombrables sanctuaires dont l'importance est purement locale et dont l'entretien repose sur les foyers alentour. Ce film est tourné dans ce registre. Ni commentaire ni reconstitution : seulement une attention soutenue portée à un seul lieu. La caméra observe le seuil, l'encens qui se consume et la fumée suspendue dans l'air immobile, les surfaces rouge et or des boiseries laquées qui accrochent le peu de lumière qui leur parvient, les offrandes de fruits et de fleurs renouvelées puis retirées, et les visiteurs qui arrivent seuls ou à deux, accomplissent leurs gestes et repartent sans cérémonie. Le son est pris sur place : la circulation derrière le mur, le claquement d'un poisson de bois, une récitation murmurée. Le film demande au spectateur de ralentir et offre un accès qu'aucune approche explicative ne procure. Il fonctionne comme court métrage contemplatif autonome autant que comme complément au sein d'un ensemble consacré aux sites sacrés du Vietnam.