Peu de petites églises sont aussi précisément pensées que le Dominus Flevit. Bâtie sur le flanc ouest du mont des Oliviers, face aux murailles de la Vieille Ville, la chapelle franciscaine rappelle l'épisode évangélique où Jésus, franchissant la crête, pleure à la vue de Jérusalem. L'architecte Antonio Barluzzi lui a donné la forme d'une larme, avec des urnes aux quatre angles du toit, et a placé derrière l'autel une unique baie en arc qui cadre la Vieille Ville, le Dôme du Rocher et les coupoles du Saint-Sépulcre — l'une des vues les plus reproduites de l'iconographie chrétienne de Terre sainte. Les fouilles menées sur la terrasse ont mis au jour une nécropole antique, avec tombes taillées dans le roc et ossuaires, ainsi que les vestiges d'un lieu de culte plus ancien à sol de mosaïque, aujourd'hui visibles dans l'enclos. Le film traite le site comme une émotion construite : la descente du chemin entre les oliviers, le passage du grand paysage à la pénombre, puis l'instant où la ville réapparaît, cadrée, réduite à la dimension d'une fenêtre. La lumière change vite ici ; le programme la suit de l'aube au crépuscule.