Entre Jéricho et la mer Morte, dans un paysage de sel, de poussière et d'air tremblant de chaleur, le monastère Saint-Gérasime — Deir Hijleh — apparaît comme une enclave improbable : murs blancs, coupoles bleues, une cour de palmiers et de bougainvillées, des intérieurs frais tapissés d'icônes. C'est le monachisme du désert dans sa forme la plus ancienne, cette tradition qui attira ermites et communautés dans les solitudes de Judée à la fin de l'Antiquité et n'en a jamais totalement disparu. Des moines grecs-orthodoxes y vivent toujours, assurent les offices, entretiennent la cour et accueillent les voyageurs. La maison porte l'une des légendes les plus tenaces du christianisme oriental : celle du moine qui retira une épine de la patte d'un lion et fut accompagné par l'animal jusqu'à sa mort — une image reproduite sur les icônes de tout le monde orthodoxe. Sous l'église, des niveaux plus anciens et des espaces funéraires rappellent la longue histoire du site. Tourné en 4K, le film s'appuie sur ce contraste : le vide du désert contre la densité de couleurs enclose dans les murs, et le chant dans un lieu où il n'y a presque rien d'autre à entendre.