Aucune rue au monde ne porte une telle charge de mémoire. Du nord-est de la Vieille Ville jusqu'au Saint-Sépulcre, la Via Dolorosa suit l'itinéraire que la tradition chrétienne identifie à la dernière marche de Jésus vers le Golgotha. Quatorze stations la ponctuent : ici une chapelle ou un couvent, là une simple plaque au-dessus d'une échoppe, car le chemin traverse une ville vivante, ses marchés couverts, ses marchands d'épices, ses écoliers, le flux ininterrompu d'un quartier habité depuis des millénaires. Chaque vendredi après-midi, une procession franciscaine reprend le parcours dans toutes les langues ; à Pâques, il devient un lent fleuve de pèlerins. Tourné en 4K dans la cité fortifiée inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, le film suit les stations une à une et lit les strates de dallages romains, de voûtes croisées et de pierre ottomane qui font de Jérusalem une ville écrite sur elle-même.