Établi sur le versant boisé qui domine Ein Kerem, le couvent de Gorny s'inscrit dans la longue présence russe orthodoxe en Terre sainte, l'un des fils qui donnent au paysage religieux de Jérusalem sa densité exceptionnelle. Derrière ses murs s'ouvre un monde autonome : églises et chapelles, cellules dispersées sous les arbres, jardins en terrasses, ateliers et cimetière, reliés par des chemins qui gravissent la colline. Les coupoles du couvent se voient de loin, depuis l'autre versant, et font désormais partie de la silhouette d'Ein Kerem. Le film observe le rythme de la communauté — les offices, les chants en slavon, l'entretien des jardins, la préparation des fêtes réglées sur le calendrier oriental — et la manière dont une culture architecturale et dévotionnelle typiquement russe s'est enracinée dans un paysage méditerranéen de pins, de cyprès et de pierre sèche. Il replace enfin le couvent parmi les sanctuaires catholiques et orthodoxes voisins, montrant comment plusieurs traditions chrétiennes occupent le même flanc de colline, chacune avec ses cloches, ses heures et sa lecture des mêmes événements.