La cathédrale de la Sainte-Trinité s'élève au centre de l'Enclos russe, ce périmètre clos construit juste hors des murailles de la Vieille Ville pour accueillir les foules de pèlerins russes qui affluaient autrefois à Jérusalem. Ses coupoles constituent un repère fixe dans la silhouette de la ville et relèvent d'un langage architectural importé tel quel du nord orthodoxe : plan compact et centré, murs épais, baies en arc, intérieur d'icônes, de lustres et de voûtes peintes, sans rapport avec les constructions levantines alentour. L'enclos lui-même raconte une histoire plus large — hospices, hôpital, bâtiments administratifs, puis réaffectations qui en ont fait des bureaux et des institutions publiques de la ville moderne, si bien qu'un ensemble religieux s'est trouvé enchâssé dans le centre civique de Jérusalem. Le film lit la cathédrale à la fois comme un lieu de culte, avec sa liturgie, ses chants et ses fidèles, et comme un monument de l'époque où les puissances européennes rivalisaient de présence et d'influence dans la ville sainte par l'architecture. Le vrai sujet reste la densité de Jérusalem : une cathédrale russe à quelques minutes des portes de la Vieille Ville, au milieu d'un centre-ville contemporain.